Asyndète, polysyndète et gradatio

Chapitre 3 : Figures de style et ornements du discours · cours « Rhétorique » · 7 questions

Asyndète, polysyndète et gradatio : accélérer, alourdir ou amplifier le discours par la syntaxe.

Anaphore

Asyndeton et Polysyndeton

L'asyndète

Les schèmes de construction jouent sur l'agencement des mots dans la phrase. L'asyndète supprime les conjonctions entre les termes pour accélérer le rythme : « Veni, vidi, vici », « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. »

Le polysyndète

Le polysyndète fait le contraire : il multiplie les conjonctions pour ralentir et solenniser. La Genèse en est le modèle : « Et Dieu dit… et il y eut… et Dieu vit… et il sépara… et il appela… » Chaque « et » martèle la puissance créatrice.

L'asyndète accélère en supprimant les « et ». Le polysyndète ralentit en les multipliant. La gradatio monte en crescendo

Testez-vous : 7 questions

1. Comment appelle-t-on la suppression des conjonctions entre les termes, comme dans « Veni, vidi, vici » ?

  • L’anaphore
  • L’ellipse
  • Le polysyndète
  • L’asyndète
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Réponse : L’asyndète

L’asyndète est la suppression des conjonctions de coordination entre les termes d’une énumération ou les propositions d’une phrase. « Veni, vidi, vici » (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu) en est l’exemple le plus célèbre. L’absence de liaison crée un rythme rapide, percutant, qui traduit la promptitude de l’action.

2. La Genèse multiplie les « et » (« Et Dieu dit… et il y eut… »). Quelle est cette figure ?

  • L’asyndète
  • Le polysyndète
  • La gradatio
  • L’anaphore
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Réponse : Le polysyndète

Le polysyndète multiplie les conjonctions (« et… et… et… »), créant un rythme solennel et accumulatif.

3. « La tribulation produit la patience, la patience l’épreuve, l’épreuve l’espérance » (Rm 5, 3-5). Quelle figure ?

  • L’anaphore
  • L’antimetabole
  • La gradatio
  • Le parallélisme
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Réponse : La gradatio

La gradatio (ou climax) est la figure qui enchaîne des termes en progression ascendante, chaque élément reprenant le précédent pour monter d’un degré. « La tribulation produit la patience, la patience l’épreuve, l’épreuve l’espérance » (Rm 5, 3-5) forme une chaîne par anadiploses successives, créant un mouvement ascendant de la souffrance vers l’espérance.

4. Comment appelle-t-on la figure qui inverse l’ordre des mots (A-B puis B-A) dans deux propositions ?

  • L’antimétabole
  • Le chiasme
  • L’antithèse
  • L’isocolon
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Réponse : L’antimétabole

L’antimetabole est la figure qui inverse l’ordre des mots dans deux propositions successives selon le schéma A-B puis B-A. Par exemple : « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. » Cette inversion crée un effet de contraste et de réflexion : le renversement des termes renverse aussi le sens.

5. Quelle figure supprime un mot que le contexte permet de deviner ?

  • L’isocolon
  • L’asyndète
  • L’ellipse
  • L’épistrophe
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Réponse : L’ellipse

L’ellipse est la figure qui supprime un mot ou un groupe de mots que le contexte permet de deviner. « À Dieu ce qui est à Dieu » sous-entend « Rendez ». L’ellipse allège la phrase, accélère le rythme et crée un effet de concision percutante. Elle suppose un auditoire attentif, capable de compléter mentalement ce qui manque.

6. Comment appelle-t-on la répétition du même mot en fin de phrases successives (miroir de l’anaphore) ?

  • L’anaphore
  • L’épanalepse
  • L’épistrophe
  • L’anadiplose
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Réponse : L’épistrophe

L’épistrophe (ou épiphore) est la figure qui répète le même mot ou groupe de mots à la fin de phrases ou propositions successives. C’est le miroir de l’anaphore, qui répète en début de phrase. L’épistrophe crée un effet de martèlement conclusif, chaque phrase se refermant sur la même idée.

7. Quelle figure construit deux propositions de longueur et de rythme identiques pour un effet de symétrie ?

  • L’antithèse
  • L’isocolon
  • L’antimetabole
  • Le parallélisme
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Réponse : L’isocolon

L’isocolon est la figure qui construit deux (ou plusieurs) propositions de longueur et de rythme identiques, créant un effet de symétrie et d’équilibre. « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » est un isocolon parfait : les deux membres se répondent en miroir, soulignant le parallèle et la distinction.

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Dans ce chapitre : Figures de style et ornements du discours

  1. Les tropes : métaphore, métonymie, synecdoque
  2. Allégorie et ironie
  3. Les figures de mots
  4. Les figures de pensée
  5. Les figures dans l'Écriture Sainte
  6. Litote, hyperbole et oxymore
  7. Asyndète, polysyndète et gradatio
  8. Figures de construction avancées
  9. Figures de sens avancées
  10. Le kairos et les figures avancées